Broncos de Humboldt: le chauffeur n’a pas fait son arrêt.

Via, CHRIS PURDY, BILL GRAVELAND de l’Agence Presse-Canadienne

À l’audience de détermination de la peine du chauffeur du semi-remorque impliqué dans l’accident mortel avec l’autocar des Broncos de Humboldt, on a appris lundi que l’accusé ne s’était pas arrêté à ce carrefour qui était pourtant précédé d’un panneau d’arrêt obligatoire surdimensionné et d’un feu rouge clignotant.

L’exposé conjoint des faits soumis en preuve au tribunal indique que Jaskirat Singh Sidhu roulait à une vitesse de 86 à 96 km/h lorsqu’il est arrivé au carrefour, dans une région rurale de la Saskatchewan, en avril dernier. Le chauffeur de l’autocar transportant l’équipe de hockey junior des Broncos a appliqué les freins et le véhicule a dérapé sur environ 24 mètres, avant d’emboutir la remorque à une vitesse de 96 à 107 km/h. 

Le procureur de la Couronne, Thomas Healey, a plaidé lundi que le chauffeur de l’autocar n’aurait jamais pu éviter la collision, même s’il a été prompt à réagir : le semi-remorque, chargé d’une cargaison de mousse de tourbe, barrait complètement l’intersection, sur toutes les voies. 

Selon l’exposé conjoint des faits, la Gendarmerie royale du Canada n’a trouvé aucune preuve démontrant que le chauffeur du camion avait consommé de la drogue ou de l’alcool, ou qu’il aurait été distrait par un téléphone portable. Les conditions météorologiques et routières étaient bonnes ; la limite de vitesse affichée sur les deux routes est de 100 km/h. 

Seize occupants de l’autocar ont été tués et 13 autres blessés dans l’accident. M. Sidhu, âgé de 30 ans, a plaidé coupable plus tôt ce mois-ci à 29 chefs de conduite dangereuse ayant causé la mort ou des lésions corporelles. 

Cinq jours ont été réservés pour l’audience de détermination de la peine, qui devrait entendre des dizaines de déclarations de victimes dans une salle de tribunal improvisée à Melfort, en Saskatchewan. Le centre multifonctionnel local est utilisé pour accueillir les survivants, les familles et les journalistes. 

«Je donnerais n’importe quoi» 

Bernadine Boulet, de Lethbridge, en Alberta, contenait difficilement ses larmes en se levant pour offrir la première déclaration de victimes. Elle a déclaré au tribunal que la mort de son fils de 21 ans, Logan, l’avait dévastée. Elle a rappelé que Logan voulait devenir enseignant, comme ses deux parents, mais elle ne pourra plus maintenant l’aider à organiser sa première salle de classe. 

Mme Boulet a raconté qu’elle donnerait n’importe quoi pour le voir franchir la porte d’entrée, s’effondrer sur le divan et laisser encore un poêlon sale dans la cuisine. 

Toby Boulet a de son côté indiqué qu’il essayait de trouver la paix au milieu d’un chagrin dévorant. Il a également précisé qu’il ne pensait pas que le chauffeur du camion soit une mauvaise personne: «je crois qu’il éprouve un immense remords». 

Un examen de la sécurité routière au carrefour, effectué pour le gouvernement de la Saskatchewan et publié en décembre, a conclu que la visibilité à l’intersection constituait un problème ; les experts ont recommandé de couper des arbres qui obstruent la vue des conducteurs à l’approche de ce carrefour. 

Le propriétaire de l’entreprise de camionnage de Calgary qui avait embauché Sidhu fait également face à huit chefs d’accusation pour infractions aux règlements fédéraux et provinciaux de sécurité au cours des mois précédant l’accident. 

Le gouvernement de la Saskatchewan impose maintenant une formation obligatoire pour les chauffeurs de semi-remorques, qui doit commencer en mars.

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